L’Union européenne de radio-télévision demande au premier ministre grec de revenir “immédiatement” sur sa décision

Le gouvernement d'Antonis Samaras pourrait envisager une relance partielle des chaînes publiques.

L’Union européenne de radio-télévision (UER), une institution établie à Genève qui regroupe les chaînes publiques de 56 pays européens et méditerranéens (Maghreb, Turquie, etc.), a écrit au premier ministre grec, Antonis Samaras, dès mardi 11 juin – pour l’appeler à “user de tous ses pouvoirs pour annuler immédiatement” la décision de fermer tous les chaînes publiques de son pays.

Jean-Paul Philippot, président de l’UER et dirigeant de la radio-télévision francophone belge (RTBF), a également écrit à Jose Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, pour réclamer son intervention.

Bruxelles n’avait pas encore réagi, mercredi matin, à ce qui s’est déroulé à Athènes. M. Barroso promettait une déclaration au cours de l’intervention qu’il devait faire en séance publique au Parlement de Strasbourg. Un discours consacré à l’austérité et la croissance, sujets qu’il est, selon le président, “futile” d’opposer.

“EPISODE INIMAGINABLE”

Les parlementaires devaient se montrer d’autant plus attentifs au propos du président de la Commission qu’ils ont adopté en 2012 un rapport évoquant clairement la nécessité de maintenir dans les pays de l’Union un modèle “hybride” pour l’audiovisuel, associant secteurs public et privé. Au nom du maintien du pluralisme, de la diversité et des valeurs fondant l’Union européenne.

“Nous n’avons évidemment jamais été confrontés à un épisode de ce genre, qui est en réalité totalement inimaginable dans une démocratie. Nous savons, en revanche, que lorsqu’il postule à une adhésion, un Etat doit démontrer qu’il dispose d’un émetteur public indépendant et doté d’une autonomie de gestion”, a expliqué au Monde le président de l’UER.

Le conseil d’administration de cette dernière devait se réunir en urgence mercredi après-midi. M. Philippot s’est rendu à Athènes au mois de mai et, à aucun moment, dit-il, ses interlocuteurs n’ont évoqué une fermeture des émetteurs publics.

Les autorités d’Athènes ont-elles choisi de se livrer à un coup de force particulièrement spectaculaire alors que la “troïka” de ses bailleurs de fonds (Commission européenne-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international) séjournait à nouveau dans le pays pour examiner l’effet des mesures d’austérité imposées au pays ? “Je ne dispose d’aucun élément pour étayer cette thèse”, déplore le président des diffuseurs publics.

Le gouvernement d’Antonis Samaras pourrait envisager une relance partielle des chaînes publiques, mais, objecte M. Philippot, “couper un écran, c’est disparaître, créer un préjudice irréparable, rompre le lien avec le public”. Selon lui, “même si quelque chose est un jour recréé, la confiance aura été perdue

Par Jean-Pierre Stroobants

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