LES 25 MESURES PRIORITAIRES A PRENDRE DANS LES 100 PREMIERS JOURS QUI SUIVENT LE CHANGEMENT POLITIQUE

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par Dimitris Kazakis

Dans le cadre d’un nouveau gouvernement assumé par le peuple lui-même, sous forme d’un Comité de Salut National, il y a 25 mesures prioritaires à prendre dans les 100 premiers jours si l’on veut voir la reprise de l’économie et la reconstruction du pays au profit de la grande majorité du peuple. Ceci ne veut pas dire que toutes ces mesures auront abouti dans ce bref délai.

       Dans le cas contraire et si ce délai n’est pas respecté, nous ne pourrons parler ni de reprise de l’économie ni d’un changement radical. Car plus la mise en place de ces mesures tardera, plus la chute sera profonde, plus l’économie poursuivra sa démolition et plus le pays sera exposé aux pressions provenant de l’extérieur et de l’intérieur.

 

Voici de quoi il s’agit :

  1. Etude et application d’un projet de reconstruction productive rapide ayant comme pilier le secteur public ainsi que d’un projet d’investissements publics orienté prioritairement au développement de la production, à l’augmentation de la plus-value productive et de l’emploi stable, libéré des entraves étouffantes des grands travaux imposés la communauté européenne et des circuits d’entrepreneurs alimentés par l’argent public.

 

  1. Retour des salaires, des pensions et de tous les revenus aux niveaux du 5 mai 2010 pour corriger toutes les pertes dues à l’austérité prolongée et revitaliser de manière efficace le marché interne. L’économie ne souffre pas de manque de prêts, c’est le manque de pouvoir d’achat des citoyens qui la paralyse.

 

  1. Définition par la loi d’un revenu minimum destiné à couvrir les nécessités réelles de base des familles d’ouvriers et d’employés ainsi que des retraites les plus basses à un niveau de 80 % des salaires.

 

  1. Institutionnalisation de l Indexation Automatique des salaires à partir d’un vrai indice de l’inflation qui tient en compte le vrai cout de vie d’un foyer de travailleurs.

 

  1. Suppression de toute forme d’emploi « flexible », « provisoire », « partiel » tant dans le secteur public que dans le privé. Mise en place de formes d’emploi solides, c’est à dire d’emplois stables et de durée indéfinie.

 

  1. Prévoir égalité de droits au travail et à la sécurité sociale pour tous les travailleurs sans aucun type de conditions préalables, de discriminations ou d’exemptions.

 

  1. Transformation de ΟΑΕΔ (organisme correspondant du Pôle Emploi) en une caisse de sécurité contre le chômage, en réorientant la totalité de ses ressources vers l’appui réel des chômeurs, par le moyen des allocations de chômage à un niveau de 80 % du salaire basique pendant toute la période du chômage, ainsi que leur couverture intégrale par la sécurité sociale.

 

  1. Suppression de toutes les lois, règlements et dispositions qui mènent à la démolition du système social. Retour de l’argent dû, par l’État et les particuliers, aux caisses de sécurité sociale et de retraite. Réglementation du caractère redistributif du système. Augmentation importante du niveau de contribution des employeurs (charges patronales) et de l’État.

 

  1. Mise en place d’un système de santé et de sécurité sociale véritablement publics, autogérés et sous contrôle social qui ne serviront pas de prétexte pour la privatisation de la santé, ni seront source de profit pour des fournisseurs privés, des multinationales ou d’autres circuits multiples et variés.

 

  1. Mise en place d’une éducation unique, publique et gratuite basée sur les 12 ans de la scolarité obligatoire et publique ainsi que sur un système universitaire public qui prendra en compte les exigences contemporaines d’éducation, de recherche, de vie sociale et intellectuelle.

 

  1. Suppression de tous les dégrèvements, exemptions, réductions et allègements fiscaux pour les grandes entreprises et imposition d’une fiscalité cumulative sur leurs gains, sur les transactions monétaires de toute sorte ainsi que sur les très grandes fortunes de valeurs mobilières et immobilières appartenant à des personnes physiques ou légales.

 

  1. Réduction immédiate au 50 % de la fiscalité directe sur les très petites entreprises. Utilisation de l’ensemble des subventions publiques pour le développement et l’investissement dans le but de donner un appui immédiat aux petites et moyennes entreprises et relancer ainsi l’économie par le biais d’un plan de production.

 

  1. Adaptation de la TVA afin de faciliter la circulation des produits de base et de taxer les produits de consommation luxueuse et inutile. Suppression totale de toutes les dettes non payées des particuliers vis à vis de l’État et du Trésor Public ainsi que des entreprises nées de lois, de dispositions et de politiques issus à partir du premier Mémorandum.

 

  1. Changement radical du système d’imposition : inversion du rapport entre fiscalité directe et indirecte, pour que celle-ci ne soit plus un moyen d’étranglement des classes travailleuses et populaires, ni des petites entreprises ou du producteur individuel.

 

  1. Changement radical de l’organisation des dépenses publiques et avant tout suppression immédiate des dépenses visibles et invisibles liées au gouvernement, aux ministres, à leurs conseillers, aux députés, aux partis. Reconsidération de toute la politique des marchés publics, suppression de la concentration intentionnelle du pouvoir administratif, des sous-traitances et des concessions, revendication rétroactive de toute la fortune publique, mobilière et immobilière, donnée, usurpée ou bradée pendant des périodes différentes par des gouvernement différents. Disparition de tous les budgets secrets et de tous les « comptes spéciaux ». Suppression de toutes les autorités dites « spéciales », dénonciation immédiate de tous les traités et conventions de caractère colonial et abusif ainsi que de tout accord entre l’État et la « clientèle » ou les intérêts privés, suspension du financement des Organisations Non Gouvernementales et d’autres organisations « volontaires » ou privées. Reconsidération de fond de toutes les dépenses militaires sur la base des vrais besoins de la défense nationale.

 

  1. Nationalisation de toutes les anciennes Entreprises Publiques de Bénéfice Commun, en les rendant indépendantes des intérêts privés qui en tirent actuellement profit, dans le cadre d’une redéfinition de leur rôle et de leur rapport vis à vis du gouvernement et du marché. Rationalisation de ces entreprises, au bénéfice de la société, imposition de contrôle social et du travail pour avoir des services à un prix abordable pour la famille moyenne et en même temps protéger les biens sociaux et publics de base face à la spéculation et aux monopoles privés.

 

  1. Nationalisation de la Banque de Grèce, ainsi que des grandes banques dans le but de limiter efficacement le poids du système financier sur l’économie et la désorientation du système bancaire et garantir ainsi une transparence totale et le contrôle social des transactions bancaires.

 

  1. Solution au problème du surendettement des familles et des petites entreprises par l’effacement de toutes les dettes privées de ces familles et de ces petites entreprises qui sont dans l’impossibilité de les payer en appliquant des critères sociaux pour le financement bancaire. Suppression de tous les frais supplémentaires qui accompagnent les subventions. Imposition de limites aux taux maximaux de financement qui seront à définir d’après le taux du marché interbancaire ainsi que des résistances de l’économie nationale.

 

  1. Démantèlement des monopoles, des oligopoles et des cartels du marché moyennant le développement dynamique du rôle productif de l’État, la prohibition du fonctionnement des sociétés offshore, la suppression du secret commercial, la nominalisation des actions, la mise en place de contrôle social et des relations de travail dans les très grandes entreprises –surtout les multinationales–, le renforcement privilégié des coopératives, de la petite et moyenne entreprise ainsi que des producteurs.

 

  1. Appui immédiat du revenu des agriculteurs accompagné d’un appui de leur production, ce qui implique un régime de protection concurrentielle de la production locale à partir de critères de qualité et de productivité ; effacement immédiat de toutes les dettes des producteurs surendettés, désarticulation de la dictature des grossistes et de toute sorte d’intermédiaires, pour garantir à l’agriculteur des prix de vente suffisamment hauts et au consommateur des prix d’achat suffisamment bas.

 

  1. Exploitation de toute possibilité qu’offre l’économie globalisée et les relations internationales avec toutes les peuples et les Etats du monde sur la base d’une liberté totale des transactions et du bénéfice bilatéral, contre la monopolisation de la technologie et du marché de la part des multinationales, contre les obstacles et les limitations imposées par les organismes internationaux et les « intégrations économiques » des puissants et des marchés.

 

  1. Mise en place définitive d’un système électoral de représentation proportionnelle pure pour les élections nationales et locales, supprimant toute loi, disposition et mesure non démocratiques qui altèrent la participation authentique et égalitaire de l’expression du peuple. Complément indispensable de ceci, la suppression de tout financement public des partis, des Organisations Non Gouvernementales et des instituts privés.

 

  1. Publication et rejet public de tout accord secret, de tout traité ou engagement assumé par des différents gouvernements, tant dans le cadre de l’OTAN que uniquement vis à vis des Etats Unis ou d’autres pays, au détriment de la souveraineté et de l’intégrité nationales.

 

  1. Retour immédiat de toute mission militaire de l’étranger et adoption de toutes les mesures nécessaires afin de ne permettre à aucune puissance étrangère d’utiliser le territoire national pour desservir ses propres buts politiques et militaires.

 

  1. Convocation d’élections pour une Assemblée Constituante avec une représentation large du peuple, dans le seul but de la rédaction et du vote d’une nouvelle Constitution véritablement démocratique.

Lors du vote de cette nouvelle Constitution, tant le Comité de Salut National que l’Assemblée Constitutive se dissolvent. Suit la convocation d’élections pour élire le gouvernement régulier du nouveau pays démocratique des citoyens grecs.

Dimitris Kazakis

(pour la traduction C. Komi)

 

 

 

 

 

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