Le FMI veut liquider la Grèce comme on liquide une entreprise

Par Emmanuel Maurel, député européen, S&D  |  04/04/2016

Les révélations de Wikileaks montrent que le FMI, obsédé par un impossible équilibre budgétaire, voudrait liquider la Grèce comme on liquide une entreprise qu’on place en redressement judiciaire.

Οι αποκαλύψεις των Wikileaks δείχνουν πως το ΔΝΤ, επιδεικνύοντας εμμονή σε έναν αδύνατο να επιτύχει δημοσιονομικό ισολογισμό, θέλει να ρευστοποιήσει την Ελλάδα, όπως γίνεται στην περίπτωση που κηρύσσεται πτώχευση μιας επιχείρησης (από La Tribune)

6 juin 2013. Le FMI publie un rapport choc qui établit le bilan du premiermemorandum imposé à la Grèce en 2010, il parle “d’échecs notables” du programme, et du fonctionnement de la Troïka. Six mois plus tôt, son économiste en chef avait déjà admis que le FMI sous-estimait systématiquement la valeur du multiplicateur budgétaire, et donc l’importance de préserver des marges de manœuvre budgétaires.

Juillet 2015. Le FMI, avec les mêmes créanciers qu’auparavant, une Troïka désormais appelée pudiquement “institutions”, réplique ses demandes selon les mêmes termes, comme une machine. Mais contrairement à l’intelligence artificielle, le FMI n’apprend pas de ses erreurs.

L’obsession du solde budgétaire

Preuve en a été donnée par les révélations de Wikileaks ce week-end, qui démontrent que l’institution reste enfermée dans l’obsession du solde budgétaire et, surtout, qu’elle est prête à tout pour obtenir un tel solde, au mépris de toute réalité économique, sociale, politique et désormais sécuritaire – avec l’enjeu migratoire – du pays concerné. La discussion téléphonique entre les deux responsables du FMI démontre, s’il le fallait encore, le caractère sommaire des négociations qui ont cours dans le secret entre la Grèce et les créanciers.

Le mirage d’un surplus des finances publiques

Alors même que le gouvernement d’Alexis Tsipras a endossé la mise en œuvre du programme en essayant d’en limiter les aspects les plus destructeurs pour l’emploi, les inégalités et l’exercice des droits fondamentaux des citoyens, le FMI demeure accroché au mirage d’un surplus budgétaire utopique, et il estime que seul un “événement de crédit”, en langage commun une faillite de la Grèce, pourrait lui faire accepter les coupes restantes.

Liquider la Grèce comme on liquide une entreprise

Autrement dit, le FMI souhaiterait liquider la Grèce comme une entreprise qu’on place en redressement judiciaire. C’est oublier que ce jeu-là implique 12 millions de citoyens dont près de 25% sont touchés par la pauvreté, un système politique qui ne survivrait pas à une telle déstabilisation et conduirait aux portes du pouvoir les néonazis d’Aube dorée déjà bien présents au Parlement Grec, et une situation sécuritaire représentant un enjeu vital pour l’Union européenne qui transforme progressivement la Grèce en un gigantesque camp de réfugiés tout en laissant ses membres fermer leurs frontières avec elle.

En définitive, il est de plus en plus clair que la logique de compromis dans laquelle la Grèce s’est placée, déjà en porte-à-faux avec la souveraineté démocratique de ses citoyens, laisse encore trop de liberté au gouvernement pour les créanciers. Le FMI, en retardant les étapes de cet accord (la “revue des réformes” traîne toujours en longueur à cause de leurs exigences déraisonnables) et en envisageant d’acculer la Grèce au défaut de paiement, démontre qu’il propose moins un memorandum qu’unultimatum.

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