M.TSIPRAS DEVANT L’ONU : QUI A-T-IL REPRESENTÉ ?

ελληνικά

par Dimitris Kazakis

Alors que le « hot spot » qui se trouve dans le nord de l’ile de Lesbos (site de Moria) périssait dans les flammes et que l’île de Crète se révolte contre la décision du gouvernement de satisfaire l’exigence de l’Allemagne d’y transférer plus de 3.000 « réfugiés » expulsés d’Allemagne, M. Tsipras s’est trouvé à N. York devant l’ONU. Apparition glamour pour faire des photos de presse, sans contenu autre que ses mensonges habituels.

Pourtant, cette fois, il a dépassé toute limite à propos de la question des réfugiés et des immigrés. Dans aucun de ses trois discours il n’a mentionné le besoin de d’application de la Convention Internationale de Genève ni des protocoles concomitants pour les réfugiés, bien que la Grèce les ait ratifiés.

Pourquoi ? Parce que, tout simplement, ils ne sont pas respectés ni par la Grèce ni par l’UE –surtout dans ses relations avec la Turquie. Si la convention et les protocoles en question étaient appliqués, voici quel aurait été le résultat :

(a) Créer des espaces d’accueil et de soutient pour les réfugiés et les immigrés où se dérouleraient toutes les procédures nécessaires pour leur identification.

(b) Distinguer les réfugiés des immigrés, selon l’exige le droit international, et mettre à disposition les documents nécessaires pour ceux qui nécessitent une protection internationale.

(c) Fournir aux immigrés les documents de voyage nécessaires pour qu’ils puissent aller, de façon légale, où ils le souhaitent, en quittant la Grèce.

(d) Renvoyer vers la Turquie tous ceux qui, au cours du processus d’identification par les autorités grecques et par Interpol, se révèlent dangereux pour la sécurité nationale et/ou ont un comportement criminel.

Tout cela avec l’assistance directe de l’ONU et, concrètement, du Haut-Commissaire chargé de la question des réfugiés et des immigrés. Dans un tel cas, la question sur la destination de tous ces gens serait le souci exclusif des services de l’ONU et non pas celui  de la Grèce.

Voici ce qu’aurait fait un Etat souverain s’il suivait le droit international. Sauf que la Grèce n’est pas un Etat souverain mais un territoire sous occupation. Au lieu de suivre le droit international et ses lois, elle suit les ordres de Bruxelles et de Berlin qui visent à créer dans ce territoire un lieu de détention pour les réfugiés et les immigrés.

  1. Tsipras a mentionné à N. York qu’en Grèce il y a toujours 60.000 réfugiés et immigrés en état de détention. Quelle raison a-t-il évoquée ? Le fait que les autres pays ont fermé leurs frontières. Voici un grand mensonge, comme beaucoup d’autres que ce premier ministre a l’habitude de lancer.

La vérité est que la détention de ces populations a lieu parce que c’est ce qui convient aux chefs de l’UE. La Grèce détient ces populations dans des espèces de prisons, ouvertes ou fermées, pour la seule raison que ceci a été exigé par l’UE. Cette situation empêche la moindre reconnaissance d’un statut juridique à ces gens : ils sont arrêtés là sans papiers en état d’illégalité complète. Ceci donne pleinement prétexte aux autres pays de l’Europe de fermer leurs frontières et de refuser le droit de mouvement libre à ces populations. M. Tsipras ment également quand il dit que la Grèce ne possédait pas de service d’asile jusqu’à il y a trois ans. La vérité est que, au moins depuis le temps que M. Samaras était ministre des affaires étrangères (1991), le droit à l’asile a été objet d’exploitation et de chantage vis-vis de tous ceux qui entraient en Grèce de façon illégale.

Les gouvernements successifs refusaient de façon systématique le droit d’asile ou les papiers aux immigrés, de façon à ce que ces étrangers vivent en otage pendant des années et des années. Ils étaient ainsi poussés vers l’illégalité et le crime ou bien ils étaient victimes d’exploitation.

Au cours des années, certains d’entre eux finissait par obtenir des papiers, et ceci selon les nécessités électorales des partis qui alternaient au pouvoir. C’est ainsi que sont devenus grecs de nombreux albanais, ou d’autres individus originaires des Balkans, des géorgiens, des russes et des populations provenant des alentours de la Mer Noire, au nom de l’Hellénisme balkanique d’antan. Il est question d’une vraie industrie de production de « grecs », mise en place depuis 1991.

Actuellement, avec l’explosion du problème des migrants, le pays connaît une promotion : la Grèce est devenue une grande prison de réfugiés et d’immigrés. Surtout au lendemain de la réunion de Bratislava, la Grèce a eu une super promotion : elle s’est transformé en « front line state » (« pays de première ligne » en terminologie militaire) de l’UE. L’utilisation de ce terme militaire révèle clairement que le problème des migrants sera traité par des moyens militaires, comme s’il s’agissait d’invasions de barbares. L’UE est en train de s’organiser et de définir des lignes de défense sur ses frontières externes.

Sous le régime de cette urgente nécessité de surveillance policière et militaire, la réunion de sommet de l’UE a décidé de supprimer le droit à la souveraineté des pays européens de « première ligne » concernant la défense de leurs frontières. Non pas seulement par le moyen de la composition urgente d’un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes mais aussi par la mise en place d’une armée européenne qui prendra le relais des forces de sécurité et de défense nationales. Toutes deux seront dépourvues désormais de leur rôle de défense de la souveraineté nationale. Voici ce qui a été décidé à Bratislava avec la bénédiction de M. Tsipras.

Cette décision est déjà appliquée dans les grandes îles de la mer Egée proches des côtes turques. Les forces de Frontex ne se limitent pas au rôle d’assistant des forces navales nationales. Frontex ne fonctionne pas en tant que simple observateur mais entreprend des missions dans la totalité de l’espace maritime et aérien de la zone frontalière entre la Grèce et la Turquie sans rendre des comptes à aucune autorité grecque. Bien plus que cela, il suffit que les forces de Frontex soient accompagnés d’un seule policier grec pour procéder à des contrôles vis-à-vis des citoyens grecs. En même temps, il y a des témoignages comme quoi Frontex procède à des contrôles de véhicules des forces armées grecques. Tout cela n’est possible que dans un pays qui se trouve sous occupation.

Suite à la réunion de Bratislava qui déclare les « pays de première ligne » comme zones d’urgente nécessité de surveillance policière et militaire, nous assisterons à l’établissement de forces de sécurité étrangères sur la terre ferme ainsi que sur la totalité du territoire grec. Celle-ci est, entre autres, la raison pour laquelle les « hot spot », ces centres de détention et d’emprisonnement de réfugiés et d’immigrés, sont éparpillés dans la totalité du territoire grec, du fleuve Evros à l’extrémité Est de Thrace, jusqu’à l’île de Crête.

Combien de temps manque-t-il vraiment avant de nous trouver sous la juridiction de forces de répression étrangères ?

Pour la traduction du grec au français  : Christina Komi

 

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